Monsieur de Charritte :

 

        Jean-Pierre de Casamajor de Charritte était issu d'une ancienne famille basco-béarnaise, les Casamajor de Charritte. Son arrière-grand-père, Guicharnaud de Casamajor, notaire de Navarrenx puis Trésorier Receveur général du Royaume de Navarre, avait été anobli en 1583 par Henri III de Navarre, futur Henri IV de France. Son grand-père, Josué de Casamajor, avait épousé en 1608, Jeanne de Charritte dont le nom fut porté par sa descendance selon la coutume du pays  de Soule dont elle était originaire.

        Né en 1658, il était cadet de famille lorsqu'il entra, âgé de 25 ans, dans les Gardes Marines avec lesquels il fit campagne au Canada, à la côte d'Afrique et aux Iles-du-Vent avant de devenir enseigne de vaisseau commandant de l'île d'Yeu en 1689. Il fut ensuite chargé d'une mission secrète en Angleterre. Lieutenant de vaisseau en 1693, il est commandant d'une frégate garde-côte de douze canons avec laquelle il repousse trois tentatives d'abordage d'une flessinguoise de vingt -deux canons et de deux corvettes espagnoles de dix à l'entrée de la rivière de Bordeaux, sauvant ainsi le convoi de cent cinquante voiles qu'il accompagnait.

        Il reçut la blessure qui l' handicapa pour le restant de sa vie et détermina sa demande de permission de servir aux îles d'Amérique. Devenu Chevalier de Saint Louis, il obtint, en 1698, la lieutenance de roi de l'île de sainte-Croix.

        Il avait eu le cou percé d'une balle de fauconneau, l'épaule et la mâchoire fracassées. Il ne vécut plus que d'aliments liquides.

isles d'Amérique

version agrandie

        Il commanda à Saint Domingue après la mort d'Auger, en Octobre 1705 jusqu'à l'arrivée de Choiseul en décembre 1707. Promu au titre de gouverneur du Cap en 1706, il assura en 1711, à la mort de Valernod, les fonctions de gouverneur général par intérim de la colonie. (A.N. Marine C 761 - dossier personnel).

        Nommé gouverneur général des Isles-du-Vent, en 1711, il refusa cette place. On lui donna, en 1716, celle de lieutenant au gouvernement général de Saint-Domingue, dans l'exercice de laquelle il est mort le 17 Octobre 1723.

        M. de Charritte était doux, populaire, ennemi du despotisme, mais on lui a reproché d'avoir terni ces belles qualités par une insatiable cupidité.

       ( Voir : L'eldorado des Aquitains, Gascons, Basques et Béarnais aux Iles d'Amérique - XVII° - XVIII° siècles par Jacques de Cauna - Editions Atlantica)

         Cette cupidité fut au centre du différend qui l'opposa aux flibustiers de Pierre Morpain et donna lieu à une énorme correspondance.
M. de Charritte avait saisi la frégate que ramenaient Pierre Morpain et ses flibustiers. Malgré leur opposition, il se l'était fait adjuger pour 2.000 livres et revendue 6.000 livres quelques jours après.
(Correspondance St Domingue 1708 - A O M Aix-en-Provence)

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