Paul MASCARENE

 barrette

                    Quelle est donc l'origine de cet homme qui durant quarante ans (1710-1750) eut son destin lié à celui de l'Acadie ?

                    C'est en lisant un livre sur les "Galères de France et les galériens protestants des XVII° et XVIII° siècle" DE Gaston TOURNIER des publications du Musée du "Désert" en Cévennes que je prenais connaissance de l'histoire d'un homme nommé Jean MASCARENC. Cet homme au destin tragique était en fait le père de Paul MASCARENE, tristement célèbre auprès des Acadiens. S'intéresser aux origines de Mascarène est une manière d'essayer de comprendre pourquoi ce Français, toute sa vie durant, desservit ses frères de patrie au bénéfice des Anglais.

Paul Mascarène - avec l'aimable autorisation de LACMA - Droits réservés

 Museum number : 78.8
Portrait of Major General Paul Mascarene, 1729
Artist : John Smibert
Credit : Los Angeles Country Museum of Art
Museum purchase with funds provided by Mr. and Mrs William Preston Harrison Collection,
Charles H. Quinn Bequest, Eli Harvey, and other donors
Copyriht notice : Photograph (c) 2003 Museum Associates/LACMA
www.lacma.org

 

        Certes, sa famille connut de grandes peines et misères par la politique répressive de Louis XIV envers les protestants......

        La famille MASCARENC est fort ancienne dans le département du Tarn et il existe toujours, au sud de Castres, un domaine portant ce nom.

        Deux frères Mascarenc, Jacques et Antoine, furent désignés par les chefs protestants, La Grange et La Garrigue, pour s'introduire dans Castres catholique, en 1573. C'est par ces faits que ce nom est entré dans l'histoire.

        Jean Mascarenc naquit à Castres, le 20 Avril 1660. Son père, Maître Jean Mascarenc était avocat à la cour, sa mère, Louise de Balarand était fille unique d'un conseiller du roi.

        Jean suivit la même voie que son père et fut avocat à Castres mais, le 1° Juillet 1683, il reçut l'ordre de se défaire de ses fonctions au profit d'un catholique. C'est la période des édits, arrêts et ordres royaux interdisant les professions "nobles" aux protestants. Le 26 Septembre 1684, il épousait au temple de Castres, Marguerite de Salavy.

        Le couple résidait à Castres, rue des Tanadeutes mais se rendait souvent dans leur métairie de Carrelle près d'Anglès (Tarn). L'année de la révocation de l'Edit de Nantes (1685) harcelés par leurs ennemis de Castres, ils décidèrent d'y passer l'été d'autant qu'un enfant était attendu pour le mois d'Octobre, il pourrait ainsi naître paisiblement. C'était sans compter sur les dragons du régiment de Koenigsmark, ils eurent juste le temps de fuir avant leur arrivée..... C'est un couple errant dans les montagnes à la mauvaise saison qui s 'arrêta dans une métairie inconnue de la Montagne Noire, pour la venue au monde d'un garçon, le 25 Octobre 1685, que l'on prénomma Jean Paul. On trouva une nourrice à l'enfant et les parents reprirent leur fuite.

        Lorsque l'enfant fut sevré, sa grand mère, Louise de Balarand, le réclama et l'éleva en l'absence des parents. Ceux-ci voulurent gagner Bordeaux pour aller, ensuite, à l'étranger. Ils avaient trois adresses : une à Londres, une à Utrecht et la dernière à Genève. Ils furent reconnus sur le bateau qui descendait la Garonne et arrêtés à Agen, le 22 Février 1686. Interrogés le 24 par le Consul d'Agen, Madame Mascarène consentit à abjurer et fut, immédiatment, élargie et revint à Castres. Ce fut une grande douleur pour son mari resté seul et commença, pour lui, une longue série d'épreuves. (emprisonnement, pression des convertisseurs, mauvais traitements etc....). Il fut condamné aux galères perpétuelles et à la confiscation de tous ses biens. Sa condamnation fut revue et il fut banni de France avec son compagnon Dupuy. Ensemble ils quittèrent Toulouse le 23 Mars 1688 et arrivèrent à Genève, le 12 Avril. Il vécut dans une grande précarité. Sa femme ne l'ayant pas suivi semblait l'avoir oublié. Il partit ensuite pour Utrecht. Souffrant de solitude, il réclamait sans cesse son fils. Quand ce dernier arriva, son père venait de mourir deux jours plus tôt, le 6 Avril 1698, il avait, seulement, 38 ans.

        Jean Paul avait été élevé par sa grand mère jusqu'à l'âge de 11 ans. Elle lui confectionna un habit de velours vert pour qu'il puisse fuir avec son oncle César Mascarenc, en le faisant passer pour son page. Tout se passa bien mais, arrivés au bord du Rhône, le batelier ne put se charger que de l'enfant qui troqua son habit de page contre celui de matelot. C'est seul qu'il gagna Genève où il arriva le 14 Décembre 1696 et y retrouva M. de Rapin, un ami de la famille. Ce dernier le retint auprès de lui voulant lui apprendre la langue et c'est comme cela qu'il arriva trop tard à Utrecht.

        Jean Paul resta quelques années en Hollande. En janvier 1704, il est reçu membre de l'Eglise Wallonne de La Haye, puis, il se rendit en Angleterre et fût naturalisé en 1706. Il obtint une commission de Lieutenant et participa à la prise de Port Royal en 1710.

        A partir de cette date, son histoire se lie à celle des Acadiens et il devient :

                                                                        Paul MASCARENE

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Sources :

- Deux compagnons d'infortune - Jérémie Dupuy de Caraman et Jean Mascarenc de Castres -   (1934)
- Les galères de France et les galériens protestants des XVII° et XVIII° siècles      (1949)
deux ouvrages de Gaston Tournier - Publications du Musée du "Désert" en Cévennes.


Voir site du Musée :    http://museedudesert.com


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